Une trajectoire hors norme
Meriem Bensalah Chaqroun incarne une génération de chefs d entreprise marocains qui ont su conjuguer héritage familial et vision stratégique moderne. Après avoir repris les rênes du groupe Holmarcom fondé par son père, elle a progressivement imposé sa marque en diversifiant les activités du conglomérat vers les assurances, l agroalimentaire et les médias.
Son élection à la présidence de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc en 2012 marque un tournant. Elle devient la première femme à diriger l organisation patronale la plus influente du pays, portant avec elle les espoirs d une nouvelle génération d entrepreneurs.
Le combat pour la compétitivité
Durant ses deux mandats à la tête de la CGEM, Meriem Bensalah Chaqroun a mené plusieurs batailles décisives pour améliorer le climat des affaires au Maroc. La réforme de la fiscalité des entreprises, la simplification des procédures administratives et le renforcement du dialogue social ont été ses chevaux de bataille.
"Nous avons besoin d un écosystème où l échec n est pas stigmatisé mais vécu comme une étape vers la réussite", confie-t-elle. Une philosophie qui tranche avec la culture entrepreneuriale marocaine traditionnelle, souvent frileuse face au risque.
Une vision pour le Maroc de demain
Aujourd hui, Meriem Bensalah Chaqroun concentre son énergie sur le développement africain du groupe Holmarcom. Elle voit dans le continent une opportunité historique que le Maroc ne peut pas manquer.
"L Afrique est le prochain grand marché mondial. Les entreprises marocaines ont toutes les cartes en main pour y jouer un rôle majeur, à condition d investir maintenant et de ne pas attendre que la concurrence internationale s installe", analyse-t-elle avec conviction.
Le leadership au féminin
Sur la question du leadership féminin, elle reste mesurée mais déterminée. "Je n aime pas qu on me présente comme une femme qui a réussi dans un monde d hommes. Je suis un chef d entreprise qui a réussi, point. Le genre ne devrait pas être un facteur discriminant dans les affaires."
Pourtant, elle reconnaît que le chemin reste long pour une véritable parité dans les instances dirigeantes marocaines. "Les mentalités évoluent, mais pas assez vite. Il faut des politiques volontaristes et des modèles visibles pour accélérer le changement."
